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Interview d'Isabelle Mabboux

11/10/2018

Interview d'Isabelle Mabboux

Chef Sommelière du restaurant gastronomique « La Voile » situé au cœur de l’hôtel Impérial Palace à Annecy, Isabelle Mabboux s’est qualifiée le 10 septembre 2018 avec brio pour la grande finale du « Meilleur Sommelier de France 2018 », qui se déroulera à Paris le 11 novembre prochain.

A un mois de son départ, Isabelle, originaire de Haute-Savoie, revient pour nous sur son histoire et son parcours ; l’occasion d’en apprendre un peu plus sur ce petit bout de femme !

PVG : Pour vous, tout commence en 2007 sur les bancs de l’école hôtelière de Thonon Les Bains. Dès la fin de votre BTS Hôtellerie-Restauration, vous décidez de partir pour Strasbourg et d’opter pour la mention complémentaire « sommellerie ». D’où vous est venue l’envie de vous lancer dans le monde du vin ?

IM : Au départ, je m’orientais à travailler en salle et souhaitais uniquement en apprendre un peu plus sur le monde du vin. En effet, le BTS Hôtellerie-Restauration offre de nombreuses opportunités en hébergement, en cuisine ou en réception ; mais concernant la partie vin, les notions n’étaient pas assez poussées à mon goût. Nous pouvions participer à des soirées œnologiques très conviviales, animées par un MOF mais uniquement un lundi par mois. En France, nous avons une importante culture des vins et je désirais en apprendre davantage pour être à l’aise lors de mes services.

J’ai donc décidé de faire une mention complémentaire en sommellerie à Strasbourg où j’ai eu la chance de réaliser trois stages : le premier à l’occasion de vendanges en Alsace, le second chez un caviste pendant la période de Noël et le dernier dans le restaurant « La Forêt Noire » triplement étoilé Michelin et situé en Allemagne. Cette année complémentaire a vu naître ma vocation œnologique !

PVG : A l’aube de votre carrière, vous étiez déjà adepte des concours et pas n’importe lesquels ! En premier, vous tentez le « Concours des vins du Val de Loire » avec votre école et terminez 3èmeen individuel et 1ére par équipe. En 2010, vous êtes sacrée « Meilleur Elève Sommelier » lors du concours  organisé par la Maison CHAPOUTIER ! Que cela vous a-t-il apporté, à part un voyage en Australie [rire] ?

IM : Des caisses de vin, un repas gastronomique chez Anne-Sophie PIC et un incroyable voyage en Australie(rires) ! Les cours de Monsieur Antoine Woerlé (MOF en salle et finaliste MOF Sommellerie), véritable encyclopédie vivante, étaient passionnants mais l’année est passée terriblement vite. Les concours sont donc devenus pour moi le moyen, par un travail personnel important, d’enrichir mes connaissances viticoles, historiques et de culture générale(exemple de question lors de concours Val de Loire : qui a créé la biscuiterie LU ?).

PVG : Vous avez travaillé dans de nombreux restaurants étoilés. Pourquoi avoir posé vos valises à Annecy et plus particulièrement à l’Impérial Palace en 2012 ?

IM : Intégrer l’Impérial Palace était pour moi un challenge, une réelle opportunité de pouvoir créer de A à Z une carte des vins : dégustation et sélection des fournisseurs, création de l’accord « Mets et Vins », écriture et gestion. C’est beaucoup de travail mais énormément de reconnaissance. Je prends également plaisir à former et partager mes acquis.

PVG : En parallèle de l’Impérial Palace, vous gérez également la cave à vin de l’hôtel Au cœur du Village, seul cinq étoiles de la Vallée des Aravis ! Entre le lac et les montagnes les demandes œnologiques des clients varient-elles ?

IM : En effet, la cave à vin de l’Impérial Palace est assez différente de celle de l’hôtel Au Cœur du Village ; s’agissant pour ce dernier d’un hôtel 5 étoiles Relais & Châteaux, et saisonnier, les clients sont surtout à la recherche de grands crus Bordelais ou Bourguignon.

PVG : Les clients sont toujours très élogieux sur vous ! D’où vous vient ce lien si particulier que vous arrivez à tisser avec eux ?

IM : Il est vrai que j’apprécie beaucoup le contact client ce qui facilite grandement les échanges. En général, les « Chefs Sommelier » font souvent peur [rires] mais nous devons connaître les attentes de nos clients pour les contenter au mieux en leur proposant une bouteille en accord avec leurs envies et leur budget.

PVG : Maman comblée au parcours brillant, vous êtes aujourd’hui concentrée sur la finale du « Meilleur Sommelier de France », mais est-ce qu’il vous arrive de penser dans un futur proche, ou plus lointain, aux concours de « Meilleur Ouvrier de France » ou de « Meilleur Sommelier du Monde » ?

IM : Personnellement, je n’envisage pas le concours de « Meilleur Sommelier du Monde » ; par contre,  je compte retenter celui de « Meilleur Ouvrier de France » dans trois ans. Et oui, j’ai passé l’épreuve du concours MOF enceinte de 8 mois et du coup sans aucun stress [rire]. Je n’ai pas été retenue pour la finale et certaines personnes m’appellent pour me demander si je n’ai pas été trop déçue. Mais comment l’être ? J’ai obtenu une note honorable et pour ne pas perdre de dynamisme, je me suis lancée dans le concours de « Meilleur Sommelier de France » ; je fais maintenant partie des 5 finalistes !

PVG : Pour terminer, quel est votre vin préféré ? Et pourquoi ?

IM : Pour moi, il y a le vin que l’on déguste entre sommeliers, mais aussi celui que l’on boit en famille et entre amis. Il y a toujours un vin adapté à un moment donné, et aux personnes avec qui on le partage !